mardi 25 avril 2017

Musique et sport, quel rapport?



Quand on interroge "musique et sport", on pense d'abord aux sports qui peuvent avoir la musique pour support : danse, gymnastique rythmique, fitness... Sauf que quand on creuse un peu la question, d'autres rapports peuvent être dégagés.

Le sport raconté en musique

Et oui, en cherchant bien, on peut trouver des musiques qui parlent de sport. Bien souvent, ce n'est que la métaphore - un prétexte pour parler d'autre chose : d'amour par exemple (Bernard Lavilliers - "15ème round").

Mais il existe aussi des chansons qui en parlent. Il y a d'ailleurs eu une compilation nommée "Le sport en chansons" : le voir sur la Fnac. Ce ne sont pas moins de 25 vedettes de la chanson française qui s'expriment :

André Dassary - "La marche des sports"
Clément Duhour - "Football"
Antoine - "Le match de football"
Alibert et Rose Carday - "Ski à deux"
Yves Montand - "Battling Joe"
Gaston Ouvrard - "Le soldat sportif"
Christian Marin - "Le professeur de gymnastique"
Jean Cyrano - "Et vas-y ! Théophile !"
Les Soeurs Etienne - "Faire le Tour de France"
Jean Navarre - "La chanson du Tour de France"
Frehel - "La môme catch-catch"

Pour voir l'intégralité des titres : cliquez ici


En dehors de cette compilation, il y a aussi d'autres chansons comme :

Massilia sound system - "Degun"
Parabellum - "Les cracks du stade"
Graeme Allwright - "Qui a tué Davy Moore"
Claude Nougaro - "Quatre boules de cuir"
Jean Constantin - "Jean-Claude Bouttier"
Henri Tachan - "Les jeux olympiques"
Francesca Solleville- "200 mètres (Mexico 1968)"
Alexis HK - "Mitch"
Yves Montand - "A bicyclette"
Jean Jacques Goldman - "Le coureur"
Mickey 3D - "Johnny Rep"
Julien Clerc - "Le patineur"
Vincent Delerm- "Slalom géant"          
Antoine - "Le match de football"
Cauet - "Zidane y va marquer"
Daniel Balavoine - "10 000 mètres"
Jacques Monty - "Allez les verts"
Fernandel- "Ma femme fait du judo"
Gauthier Galand- "Je fais du sport"
Mano Negra - "Santa Maradonna"
Shakira - "Waka waka"
Youssou N'Dour et Axelle Red - "La cour des grands"
Silmarils - "Il va y’avoir du sport"

Et mes deux coups de cœur vont à :

Renaud - "500 connards sur la ligne de départ" car je suis fan du mec et que je comprends aujourd'hui la signification de cette chanson que je chantais enfant.  

Doc Gyneco - "Passement d'jambes" car son album "1ère consultation" est désormais un classique, et que ce titre qui fait un parallèle entre le foot et le rap est juste trop bien!

En faisant cette petite recherche, je me suis amusée à noter les sports évoqués et le football et les sports d'opposition étaient les plus représentés. Ils sont suivis de près par le cyclisme et l'athlétisme.
 

Les bandes originales de films traitant du sport

Le rapport entre musique et sport c'est aussi les bandes originales de films traitant de sport. Pour n'en citer que deux :

Irene Cara - "Fame" - extrait du film du même nom;
Survivor - "Eyes of a tiger" - extrait du film "Rocky".

Je pense que le titre "Eyes of a tiger" est désormais connu du monde entier et réutilisé à gogo.


Quand la musique devient un hymne

Quand la musique devient un hymne sportif et bien ça donne ça :

Queen - "We will rock you"
Queen - "We are the champions"
Donna Summer - "I will survive"

Ce qui est drôle c'est que ces trois chansons n'ont pas été écrites du tout à cet effet. "I will survive" est une chanson d'amour sur la rupture et l'émancipation. 
Et pour la petite histoire, Quenn a écrit ces deux titres pour qu'ils soient facilement repris par le public. Ils sont joués en clôture de leurs concerts. Pas étonnant donc que ces chansons aient été popularisées et qu'elles fassent fureur lors des grands évènements sportifs.

La musique leit motiv du sportif

Bon et puis on le sait, beaucoup de personnes aiment pratiquer leur sport en musique. Ça nous motive, nous emporte, nous divertit, un vrai plaisir! Mais pas seulement, certains médias relatent le fait que la musique augmenterait les performances. Pour en savoir un peu plus, je vous propose de cliquer sur cet article de "L'équipe" : cliquez ici.

De plus, de nombreux sites ou applications musicales en tout genre, sortent régulièrement des playlists sportives qui boosteraient les pratiquants. En voici deux exemples :
  1. Deezer;
  2. Huffingtonpost.

 

Conclusion :

Je crois qu'on peut conclure que finalement, en y regardant bien, la musique est quand même un incontournable du sport. Ils fonctionnent ensemble et l'association entre les deux est à observer et non à chercher. 

 

vendredi 10 février 2017

"Le coma des mortels" - Maxime Chattam


 


Qui est Pierre ? Et d’ailleurs, se nomme-t-il vraiment Pierre? Un rêveur ? Un affabulateur ? Un assassin ? Une chose est certaine, on meurt beaucoup autour de lui. Et rarement de mort naturelle.

Un Chattam hors du coma... euh... commun :

En lisant ce court résumé, on pourrait se dire, "ouai du Maxime Chattam quoi"! Et bien non pas du tout, enfin si, mais pas comme d'habitude. Et il le dit lui-même, avant de lire ce livre, oubliez tout ce qu'il a fait avant, ça n'a rien à voir. 

C'est ce qu'il a dit en dédicaçant mon exemplaire, quelle chance (là j'me la raconte clairement)! ;)


Sur le ton du... :

En le lisant, je me suis sentie chez moi, même recette : lecture fluide, belle écriture, simple etc... mais c'est comme si on avait ajouté une épice : le sarcasme. Tout le long, il y a une lecture de la société assez noire, qui pique parfois, mais à laquelle on ne peut nier une certaine vérité. Le tout avec un certain humour qui donne place à de la légèreté, méconnue chez Chattam.


Des personnages "imparvrais" :

Le personnage principal peut sembler cynique et déshumanisé ; je crois qu'en fait il est plus qu'humain mais sans le masque de la bienséance. 

Les autres personnages sont également tous plus loufoques les uns que les autres. Ils semblent vivre à leur paroxysme perpétuellement et cela a attisé m'a curiosité.

Ces personnages sont imparfaits, oui, mais vrais, en un sens qu'il vous faudra découvrir.



Des aventures rocambolesques :

Rocambolesque, voilà un mot que je n'utilise pas souvent, mais c'est vraiment ça : des péripéties invraisemblables et extraordinaires auxquelles vous allez assister durant votre lecture. 

Ces situations folles mêlées à ces personnages atypiques donnent envie de dévorer le bouquin.


Une intrigue du début à la fin :

En trame de fond, une intrigue entêtante qui ne vous lâchera pas. Le mot d'ordre? Prudence. Ne pas être trop sûr de ses conclusions car elles pourraient être balayées à tout moment. Et quand je dis "du début à la fin" je veux dire jusque la dernière page du livre. Il faut le préciser parce qu'il se pourrait que l'ordre attendu de tout roman conventionnel soit bouleversé... Donc reprenons, une intrigue du début à la FIN parce que même après avoir fermé le livre, il est possible que vous n'ayez pas la clé du dénouement. Et pourtant elle est belle et bien là, sous vos yeux. Je choisis de ne pas en dire plus pour ne pas vous spoiler cette surprise qui pour moi, a vraiment été un moment d'excitation finale exaltante (j'aurais pu employer la métaphore de l'orgasme là non?).
Tout ça pour dire que le final est à la hauteur du déroulé du roman : surprenant!


Bon donc! 

Ok ok je conclue. Bon donc un livre excitant et déroutant quand on est habitués à Chattam. C'est une bonne surprise, un peu plus de légèreté mais toujours dans une espèce de noirceur Chattamesque. D'ailleurs, plusieurs fois je me suis demandée si certains messages passés au travers du récit n'étaient pas implicitement les siens (et si oui lesquels exactement)? Moi j'aurais envie de traiter ce livre de surréaliste et pour une fois, j'adore! Merci Chattam de ne jamais me décevoir, même dans ce style ultra original, et de m'avoir sortie de mon "coma de mortelle" le temps d'une lecture.

mercredi 28 décembre 2016

Chirurgie esthétique, autotune des acteurs?


Petit disclaimer:

En soi, je n'ai absolument rien contre la chirurgie esthétique. Que chacun fasse ce que bon lui semble pour être heureux.


Trop de chirurgie tue la comédie !

J'aurais tendance à dire que l'on fait ce que l'on veut tant qu'on ne gêne pas autrui. Oui bah le problème il est là! C'est que moi ça m'emmerde de voir un film avec des acteurs déshumanisés par le botox. Les traits sont tellement tirés que j'ai l'impression que le visage va m'exploser à la gueule chaque fois que l'acteur sourit. Qu'on s'entende bien, je ne suis pas contre la chirurgie tant que celle-ci ne s'oppose pas à la performance du comédien.
Il me semble que les expressions du visage sont d'une extrême importance lorsqu'il s'agit d'un artiste et d'autant plus d'un acteur.
Prenons la photo suivante extraite du film "Les yeux sans visage" de Georges Franju :


C'est dérangeant nan? Et bien ça me fait le même effet lorsque je regarde un film avec un acteur "autotuné".

Je vais prendre mon dernier exemple concret : "Bridget Jones Baby" :

  

La pseudo-intrigue du film n'a pas su me distraire de ce visage retouché. IMPOSSIBLE. J'ai été obnubilée par le physique de l'actrice Renée Zellweger. Pas par dicta sociétal comme certains peuvent dire, mais parce que concrètement, ça ne marche pas! Essayez de faire rouler une voiture avec des roues carrées, c'est moins bien. C'est tout. Un comédien doit pouvoir remuer des zygomatiques.

Mais quel gâchis! 

C'est tellement beau l'expression des acteurs comme Jack Nicholson que j'admire particulièrement pour ça :


Ça vaut bien quelques rides nan?

Oui, mais... :

Oui mais voilà, comme j'aime bien faire thèse / antithèse et que jamais rien n'est fixé dans ma tête, je me suis posée la question à l'envers. En effet, je trouve que parfois, comme l'autotune dans la musique, la chirurgie peut faire, paradoxalement, l'identité, ou plutôt, la marque de fabrique d'un acteur. Prenons Mickey Rourke par exemple. Et bien le gars il a d'la gueule comme ça. Quand je dis ça je me réfère au film "The wrestler" où son physique colle parfaitement au personnage abimé par la vie qu'il joue. Est-ce que ça fonctionne dans d'autres contextes ? Pas sûr.


Alors, chirurgie esthétique, autotune des acteurs?

Et bien je dirais oui, par rapport à ce que j'ai déjà écrit sur l'autotune dans le monde de la musique : L'autotune ou l'autorture?
C'est une modification qui permet d'améliorer la personne selon ses critères (dans le meilleur des cas) mais qui, utilisée à outrance, la dé-personnifie lui abimant au passage les expressions du visage indispensables au jeu d'acteur. Donc comme l'autotune dans la musique, à consommer avec modération pour garder un charisme fort comme celui de Leonardo Dicaprio dans "Django unchained". ;)









mardi 11 octobre 2016

Mr GAGA sur les pas d'Ohad Naharin de Tomer Heymann


L’histoire fascinante d'Ohad Naharin, célèbre chorégraphe de la Batsheva Dance Company, dont les performances dégagent une puissance et une beauté inégalées. Le film nous dévoile le processus créatif d'un chef de file incontesté de la danse contemporaine, l’invention d’un langage chorégraphique unique et d’une technique de danse hors-norme appelée "Gaga". 

C'est grâce à ce documentaire que je découvre Ohad Naharin. Et quelle découverte! Je m'en veux de ne pas avoir connu cet artiste plus tôt.

Ohad Naharin, ce génie :

Ohad Naharin est né en 1952 en Israël.  Il passera entre les mains des professeurs les plus réputés, de Graham à Béjart. Il se forme à une époque fard du monde de la danse, où la légende Alvin Ailey s'était déjà inscrite dans l'histoire.

Mais lui allait écrire la sienne. Il fait partie de ceux qui dansent pour se raconter (et pas "se la":), explorer son être. Son vécu nourrit sa danse et la rend très expressive. De son enfance, l'armée, l'amour, tout passe au travers de ses spectacles. 

Il est à noter qu'il était en couple avec Mary Kajuwara qui elle-même était la star de la compagnie d'Alvin Aley qu'elle quittera pour se produire dans les shows de Naharin.

C'est un avant-gardiste, forte tête, qui s'est battu pour que son art vive au delà des codes et préjugés imposés par la société. On l'appelle aussi "le gourou de la danse moderne le plus admiré".

Naharin est un bosseur acharné qui peut être dur avec ses élèves afin de les amener à l'expression voulue, sans vraiment pourvoir l'expliciter.

Il est le directeur artistique de la Batsheva Dance Company en Israel où est enseignée sa création  "gaga" : site de la Batsheva Dance Company.


Gaga, mouvement et langage :

Sans même chercher à comprendre ce que "gaga" signifie, on peut, même pour un novice, s'apercevoir de la singularité des spectacles d'Ohad Naharin. Sa danse est inscrite dans la chair, dans les corps, c'est à la fois de l'ordre de l'intime et du spectaculaire.

Son empreinte est gravée dans ses spectacles, c'est magnifique et impressionnant. Néanmoins, il sait aller chercher l'identité de chacun de ses danseurs et la mettre en avant. La singularité a sa place dans l'œuvre collective et c'est, selon moi, la seule façon de rendre le travail chorégraphique intéressant. Une grande place est donnée à l'interprétation et l'imagination du danseur. Quelle grande expérience cela doit être, dans la vie d'un danseur, de travailler avec un tel monstre de la danse.

Bien entendu, traiter un style contemporain d'hybride serait à la limite du pléonasme mais je ne peux m'empêcher de qualifier ses mouvements de la sorte. Ouai, il est hybride et animal. On sent qu'il va chercher quelque chose en profondeur pour le communiquer au spectateur. Quelque part, c'est d'une générosité intense. Intense, oui, voilà un autre qualificatif qui lui convient. 

Il y a aussi quelque chose de l'ordre de la désinvolture; les codes sont brisés pour aller chercher ce qui est inné, instinctif, spontané ou devrais-je dire pur. Et c'est cette pureté qui rend sa création si touchante. Ses mises en scène sont très originales et visuelles, histoire d'accrocher l’œil du spectateur.

Pour lui, il faut aller au-delà des limites de son corps. A mon avis, il faut le vivre pour le comprendre. Son travail est presque de l'ordre du spirituel.

Voici un extrait de l'explication de gaga sur le site de la compagnie : 
"... gaga est une expérience de la liberté et de plaisir. Le travail améliore le mouvement instinctif et relie conscient avec mouvement inconscient, permettant une expérience de la liberté et le plaisir d'une façon simple, dans un espace agréable, avec des vêtements confortables, et accompagné par la musique, chaque personne avec lui-même et au sein du groupe."


En bref, ce documentaire :

Merci donc à ce beau documentaire qui m'aura permis de connaître l’œuvre de ce grand monsieur de la danse. Le film est captivant, suivant le rythme entre extraits de spectacles, de répétitions de danse, de vidéos d'archives familiales, d'interviews... sur un fond musical bien percutant. Ce documentaire est donc lui-même très bien chorégraphié, visuel et émouvant. Il fait ressortir l'essentiel tout en donnant envie d'aller bien plus loin. Et puis la danse au cours des années 70, 80 avec tous les changements, les mutations que cela impliquait c'est passionnant.

En bref, un film à regarder pour les passionnés de danse comme pour les curieux de l'art.


Citation de Naharin relevée dans le documentaire qui m'a énormément marquée : "la danse, par son essence, est l'opposé du machisme. Le mouvement dans sa source la plus pure dépasse le genre".

Pour voir la bande annonce : cliquez ici

vendredi 7 octobre 2016

L'auto-tune ou l'autorture?

L'auto quoi?

Pour définir l'auto-tune, je vais prendre mon exemple. Voilà, j'ai un rêve, chanter comme Mariah Carey. L'auto-tune est un logiciel génie qui va exaucer mon vœux. Il me suffit de définir les notes que je souhaite atteindre et voilà! "oh ohoh oh ohoh oh ohoh TITITUTITUTITIIIIIII".

Vous avez compris? C'est aussi simple que cela. Bon, j'avoue, pas exactement. 
L'auto tune est utilisé afin de gommer les mauvaises notes dans un morceau. Il permet de le lisser. Il peut être utilisé en live (ci-après un exemple avec Booba) ou post production.
L'inconvénient peut être quand, selon l'utilisation que j'en fais, ça robotise plus ou moins ma voix. Mais si ça peut me permettre de "m'auto-thuner" ("du BIF, du du du BIF").


Pour encore mieux comprendre, voici également un exemple de l'utilisation avec cet extrait de l'émission américaine d'Ellen DeGeneres avec T-Pain :



N'est-ce pas plus joli comme cela (T-Pain sans auto-tune)?



Qui l'utilise ?


Ce logiciel est utilisé partout, par tous ou en tout cas par beaucoup d'artistes. Parfois ça s'entend à peine et parfois ça fait l'identité d'un morceau. De Britney Spears à Ariana Grande - de 2pac à Kanye West - de Booba à PNL. Bref la liste est encore plus large que ce qu'on imagine.

Tous les styles musicaux peuvent être concernés : rap, reggae, reggaeton, rn'b...

Ce que je pense de l'auto-tune : 

C'est un procédé qui est intéressant mais en l'utilisant à petites doses. C'est à dire presque, pour moi, quand on ne l'entend pas. Il est rare que j'apprécie une chanson entièrement retouchée. Mais il en existe quand même comme ce morceau Kavinsky - Nightcall :



Cependant, quand un chanteur est bon, je vais toujours apprécier la version "originale" ou plutôt "originelle".

D'ailleurs, quand je découvre un artiste, que je commence à aimer, avant de le "valider" (oui parce que dans ma tête je valide les artistes :), je vais écouter ses lives. Et c'est là qu'on voit vraiment l'énergie, la voix, le rythme, le charisme... Un mec auto-tuné qui kill son live bah ça m'va! Par exemple, SCH sur son morceau "Champs Elysées". - La version officielle modifiée est sympa. Mais quand SCH se produit en live dans les studios de Générations et qu'il rap par dessus la version studio bah j'kiff encore plus. Parce que c'est authentique (en plus il s'éclate) :

Beaucoup disent que l'auto-tune, dans le monde du rap par exemple, a permis de remettre du ressenti. Avant on faisait appel à des featuring féminins (Amel Bent, Kenza Farah, Kayna Samet, Vitaa, Wallen...) pour la touche sentimentale. 
Il permettrait aujourd'hui d'être autonome là-dessus et au rappeur d'exprimer ses sentiments. Pour ma part, je ne suis pas vraiment d'accord avec ça. Pas par soucis d'opposition, mais parce que c'est ce que je ressens avec mes tripes. J'ai l'impression que l'auto-tune ne vient pas seulement gommer les mauvaises notes, mais il vient également annihiler les émotions. Même si la voix n'est plus autant robotisée qu'avec le vocodeur, elle n'est quand même pas naturelle. Et par la voix, je trouve qu'on peut faire passer tellement de choses que du coup, ça ne marche plus!

Prenons Booba à nouveau, certainement le précurseur en France, j'apprécie tellement son timbre que quand je l'entends "gâché" par des effets sonores ça me rebute automatiquement.

En effet, j'ai plusieurs critères concernant mon appréciation du rap, et la voix en fait partie. Et quand des rappeurs comme lui ou Lacrim gâche leur atout inné, je trouve ça dommage. Ce n'est plus la même chose. Alors sur un titre, des refrains, des fins de phrases, quand c'est bien fait, évidemment ça passe - en même temps pas trop le choix sinon je n'écouterais plus rien.

Autre exemple, sur le titre "Je la connais" de SCH, la première partie est ultra modifiée, bon ça se chante mais quand il arrive avec sa "vraie" voix dans le deuxième couplet et ben ça envoie! Donc là, limite le traficotage du premier couplet met en valeur le deuxième :


Et puis parfois j'ai l'impression que tous les artistes ont la même voix au final. Difficile pour un néophyte de faire la différence entre les derniers rappeurs en vogue. Il y a une perte de singularité. 

Idem avec la nouvelle génération de reggeaton qui l'utilise tellement que pour moi il n'y plus qu'un seul mec qui chante. Tout semble identique. Désolée de le dire, mais avant c'était mieux :) Je préférais les versions bien "agressives". Voici un exemple avec Nicki Jam featuring De LA Ghetto :


J'ai même l'impression que la diction perd de sa clarté et qu'on comprend moins bien les lyrics.


Et puis à l'écoute, pour moi c'est de l'autorture! Voilà, c'est dit!

Après si je devais faire un choix, je choisirais évidemment de supprimer l'auto-tune et tant pis pour les artistes qui feraient faillite. Oupss... PAS BIEN!

Mais certainement que je me fais avoir par le procédé bien plus souvent que je ne le pense. Ça fait peut-être un peu "old school" mais je ne peux pas nier ce qui est désagréable à mon oreille.

Enfin bref, je ne suis pas vraiment contre mais disons que si ça disparaissait, je m'en porterais bien.




mardi 9 août 2016

"Instinct de survie" - "The shallows" - Jaume Collet-Serra




Nancy surfe en solitaire sur une plage isolée lorsqu’elle est attaquée par un grand requin blanc. Elle se réfugie sur un rocher, hors de portée du squale. Elle a moins de 200 mètres à parcourir à la nage pour être sauvée, mais regagner la terre ferme sera le plus mortel des combats…









Voilà un thriller que je guettais avec excitation! L'univers du surf, l'océan, Blake Lively, les requins... Tout un programme. Je m'attendais à un genre de "Dérive mortelle" ou un "Open water".


L'entrée en matière :

Les premières minutes pourront plaire aux amateurs de surf, de belles vagues, de décors paradisiaques ou encore de jolies femmes; Blake Lively remplit son rôle à merveille (merci à sa doublure pour la chevauchée des vagues).


Subtilité où es-tu ?

Bon, la mise en place, c'est fait. Bien entendu arrivent ensuite les galères que va subir cette pauvre Nancy (ton ironique). Il est difficile d'expliquer mon mécontentement sans trop spoiler. Néanmoins, je vais essayer. 
Ce que je dirais simplement, c'est qu'il manque cruellement de finesse. Certaines scènes frôlent même le ridicule. On est entre "Les dents de la mer" (c'était très bien à l'époque et encore que...) et la super héroïne (je ne sais pas de laquelle je parle là). Pour "Les dents de la mer", je dis "et encore que" pour une simple et bonne raison...

Le vilain, méchant, vicieux requin :

Oui, voilà ce que je reproche le plus à ce genre de films : la réputation sordide qu'ils créent à ce pauvre animal qui n'en a rien à foutre de nous. STOP! Le requin n'est pas un animal calculateur, tueur en série, avec une seule idée en tête : faire un massacre!
Je ne sais pas pour les autres, mais quand on connait rien qu'un petit peu ce gros poisson, on ne peut pas prendre au sérieux ce genre de réalisations. Trop c'est trop! Ça en devient absurde. On peut aimer se faire peur mais avec raffinement je dirais. Quand on transforme un squale en "terminator aquatique" ce n'est plus crédible. Même avec un peu de bonne volonté, l'histoire ne fait que s'empirer au fur et à mesure.

Certains rappels méritent d'être faits. Si les requins réalisaient un film d'horreur sur ce que l'homme leur fait subir alors là il serait digne de "L'exorciste". N'oublions pas que, par exemple, l'être humain SUPERIEUR (ton méga ironique), chasse le requin, lui prend juste son aileron et le rejette à la mer, où une mort lente l'attend... Comme ce n'est pas tout à fait l'objet de l'écrit, si vous souhaitez en savoir plus, vous pouvez notamment lire cet article : cliquez ici


En bref,

Alors oui, le film fait son effet, on est quand même un peu stressés, pris dans la situation : "va-t-elle s'en sortir"? Je dirais qu'on est pas au niveau du nanar mais c'est traité de manière si grotesque que pour moi ça reste une réelle déception.


"Le requin est un animal cruel et mythique qui ne se trouve plus guère que dans les basses eaux de la finance." 
Philippe Bouvard




Cliquez ici pour voir la bande annonce (attention elle en dévoile beaucoup je trouve)

Cliquez ici pour lire un article sympa sur les requins au cinéma



vendredi 5 août 2016

"Le syndrôme E" et "Gataca" - Franck Thilliez


Méfiez-vous le Syndrome E est certainement en vous... Un film mystérieux et malsain qui rend aveugle...Voilà de quoi gâcher les vacances de Lucie Henebelle, lieutenant de police à Lille, et de ses deux adorables jumelles. Cinq cadavres retrouvés atrocement mutilés, le crâne scié... Il n'en fallait pas plus à la Criminelle pour rappeler le commissaire Franck Sharko en congé forcé pour soigner ses crises de schizophrénie.
Deux pistes pour une seule et même affaire qui va réunir Henebelle et Sharko, si différents et pourtant si proches dans leur conception du métier.
Des bidonvilles du Caire aux orphelinats du Canada des années cinquante, les deux nouveaux équipiers vont mettre le doigt sur un mal inconnu, d'une réalité effrayante et qui révèle que nous pourrions tous commettre le pire. Car aujourd'hui, ceux qui ne connaissent pas le syndrome E, ne savent pas encore de quoi ils sont capables...

  

Quel lien entre onze psychopathes gauchers et l'homme de Cro-Magnon ?
Alors que Lucie Henebelle peine à se remettre de ses traumatismes, l'ex-commissaire Sharko se voit relégué à des enquêtes de seconde zone. Telle la découverte du corps de cette jeune scientifique, battue à mort par un grand singe.
À nouveau réunis pour le pire, les deux flics plongent aux origines de la violence, là ou le génome humain détermine son avenir : l'extinction.
Bienvenue à GATACA...

     
Je viens de terminer ces deux thrillers qui constituent ma rencontre avec Franck Thilliez. Pour avoir lu Maxime Chattam avant, j'adhère assez rapidement au style...

L'ambiance :

L'ambiance est clairement noire, parfois glauque et teintée de désespoir. Pourtant, dans ce chaos, on sent les personnages accrochés à la vie par un fil très fin que tisse la passion du métier. Je crois que ce même fil tisse également le lien entre nous et ces bouquins qui nous tiennent en haleine. Pourquoi cet attrait limite "sado-masochiste" pour des œuvres aussi obscures? Je pense qu'on peut être très attirés par l'horreur car c'est une manière de se dire "bon bah, ça va, ma vie n'est pas si mal à côté de ce cadavre à la morgue". N'empêche qu'évidemment, la mort et le deuil sont omniprésents mais pas seulement; on voyage aussi à travers le monde et l'histoire et cet espace-temps dans mon quotidien m'a donné une bulle d'air (pas toujours pur mais bon :).

Les personnages :

Les deux personnages peuvent sembler en veille, une veille que seule l'adrénaline d'une enquête policière peut arrêter. On a affaire à deux fortes têtes abimées par la vie, chacun dans son style. Ils n'ont pas froid aux yeux et leurs actions nous donnent parfois un bon p'tit coup d'adrénaline.
Ils sont intelligents et mordus du métier ce qui les conduit souvent à aller beaucoup plus loin dans leurs recherches que leurs collègues (évidemment sinon ce n'est pas marrant). Sharko a ce côté limite "profiler" qui m'a toujours fait rêver; pouvoir déchiffrer une scène de crime avec un soupçon d'instinct. Henebelle est tenace et a l'étoffe pour tenir tête et compléter son acolyte.  A eux deux, ils forment une équipe bien audacieuse, sans limites qui nous traine dans les bas fonds de la violence humaine décortiquée par la science.

La science :

Les faits sont cruels, effrayants et c'est ce qui est attirant au début des romans. Puis, l'enquête se déroulant, on est de plus en plus happés par les explications scientifiques fournies par l'auteur. Si je les avais écoutées dans un documentaire à la télé, je me serais surement endormie. Mais là pas moyen... On apprend des choses qui font peur parce que plausibles, basées sur des faits scientifiques avérés et très actuelles : l'image, l'ADN, l'évolution de l'homme... Franck Thilliez met à notre niveau et presque de manière ludique, des aspects scientifiques complexes et pourtant essentiels à notre nature d'Homme.
Les apports théoriques sont vraiment un gros plus, on en apprend beaucoup sur les comportements déviants et violents. Ça laisse évidemment une trace et une once de paranoïa puisque maintenant je vais sans cesse me demander "et si..."? Merci à l'auteur pour me rendre un peu plus "psychopathe" que je ne le suis déjà. :)


L'auteur :

Je découvre Franck Thilliez via ces deux ouvrages. Spontanément, je le comparerais bien à Maxime Chattam. Ils écrivent tous les deux des romans sombres (même si, pour moi, Maxime Chattam est plus ténébreux encore - dans son écriture bien-sûr :) avec des recherches de terrain pour nourrir l'écrit, un couple d'enquêteurs... Le fait que l'écrivain étudie son sujet, se renseigne et nous reverse le tout au travers de la narration rend la lecture passionnante. En effet, le réalisme, ajouté à la fiction, donne une dimension encore plus dramatique et angoissante à laquelle on s'accroche comme des fous.

Bon et bien il ne me reste plus qu'à lire AtomKA. Si vous l'avez lu vous même, qu'en avez-vous pensé?